Monday, October 23, 2006

La saga en intégrale
“Son grand talent aurait dû croître et exploser dans n’importe quel autre contexte. Là, il restait écrasé sous le poids de deux génies”. C’est ainsi que le producteur George Martin résumait la difficile position de George Harrison au sein des Beatles. Pourtant, avec le groupe ou en solo, le guitariste discret et timide n’a jamais manqué de talent, et il suffit de réécouter “Taxman”, “Something”, “My sweet Lord” ou encore “All those years ago” pour en être persuadé.George Harrison nous a quittés le 29 novembre 2001 à l'âge de 58 ans. L'album posthume "BRAINWASHED" est paru une année plus tard exactement.Un coffret, "THE DARK HORSE YEARS 1976 – 1992", sortira le 2 mars. Il réunit six CDs que George avait publiés au cours de cette période sur son propre label. On y trouve en plus un DVD regroupant des clips et des films de promotion, une histoire de Dark Horse Records par Olivia Harrison, la veuve de George, et des notes de David Fricke, le journaliste de "Rolling Stone".
George Harrison est né le 25 février 1943 à Liverpool, dans le quartier de Wavertree. Son père, Harold Harrison, est stewart sur un bateau de la compagnie White Star Line, un métier qu’il abandonnera bientôt pour devenir chauffeur de bus. Sa mère, Louise French, était vendeuse avant de se consacrer exclusivement à ses quatre enfants dont George est le cadet.A l’âge de treize ans, George achète sa première guitare et joue dans le groupe de son frère, les Rebels. En 1958, il rencontre Paul McCartney et tous deux rejoignent John Lennon dans le skiffle-group The Quarrymen. Après les Quarrymen, il y aura les Moondogs, les Silver Beatles et, à partir d’août 62, les Beatles. George Harrison est le plus jeune du groupe ; il tient sa place discrète de guitariste dans l’ombre du tandem Lennon-McCartney et loin derrière les pitreries de Ringo. Fin août 63, les Beatles donnent une série de concerts au Gaumont Theater de Bournemouth. C’est à ce moment que George franchit le pas et écrit sa première chanson, “Don’t bother me”."Don’t bother me” est un extrait de “WITH THE BEATLES”, le deuxième album du groupe qui paraît en novembre 1963. Avril 65 est une autre date importante dans la carrière de George Harrison : pendant le tournage du film “Help !”, dans un restaurant indien, il entend pour la première fois le son du sitar. Bientôt, il rencontre Ravi Shankar avec qui il se lie d’amitié et qui lui enseigne les premiers rudiments de cet instrument. Le sitar fait son apparition en décembre 65 dans “RUBBER SOUL”, plus précisément sur “Norwegian wood” qui est une composition de John Lennon.En 1966, George Harrison signe son premier morceau entièrement réalisé au sitar, “Love you too”, un extrait de "REVOLVER".
C’est George Harrison qui présente les trois autres Beatles à son gourou, le Maharashi Mahesh Yogi. Par cette démarche, il devient le principal responsable de l’attrait que vont exercer l’Inde et sa culture sur toute une génération occidentale. En ce qui le concerne, cet intérêt ne s’est jamais vraiment démenti.A cette époque, George donne l'image d'un jeune homme calme et pondéré.
"C'est ce qu'on dit, mais parfois, je suis turbulent. J'ai eu aussi cette réputation d'être turbulent, en même temps que celle du type tranquille. Parfois, j'aimais bien sortir, faire la fête et me défouler. Tout cela pour dire que je ne suis pas aussi calme qu'on veut bien le dire. Ça, c'est dans les Rutles, le pastiche des Rutles, où on montre le type tranquille qui n'a pas dit un mot depuis quinze ans !"
Avec les Beatles, George Harrison a écrit 22 chansons ; outre celles déjà évoquées, il faut citer “I need you” et “You like me too much” sur “HELP !” ; ainsi que “Think for yourself” et “If I needed someone” sur “RUBBER SOUL”. En août 66, son talent s’affirme sur “REVOLVER” avec ”I want to tell you” et surtout “Taxman”.
Les dernières années des Beatles sont les plus prolifiques pour George Harrison. Sur “MAGICAL MYSTERY TOUR”, il écrit “Blue jay way”, puis il signe "The inner light", la face B du 45-tours “Lady Madonna”. Fin 68, il est présent à quatre reprises sur le “DOUBLE BLANC” : avec “Piggies”, "Long long long”, “Savoy truffle” et surtout “While my guitar gently weeps”, un titre enregistré avec Eric Clapton et qui est à ranger au niveau des meilleures compositions du tandem Lennon / McCartney.
Lorsque l'on demandait à George Harrison quelle était sa chanson préférée des Beatles, voici ce qu'il répondait.
"Je ne peux pas dire que j'ai une chanson préférée. Il y en a beaucoup que j'aime bien. Par exemple, j'aime beaucoup I am the walrus, un titre qui a été écrit par John Lennon, ainsi que Strawberry fields forever, une autre bonne chanson de John. Je crois que ma chanson préférée écrite par Paul McCartney, c'est She's leaving home."
En janvier 69, George Harrison compose deux titres pour la bande originale du dessin animé “YELLOW SUBMARINE” : ”It’s all too much” et “Only a northern song”. Il est aussi l’auteur :- de “Old brown shoe”, la face B du 45-tours “The ballad of John & Yoko” ; - de “I, me, mine” et “For you blue” sur l’album “LET IT BE” ; - et enfin, de “Here comes the sun” et “Something” sur “ABBEY ROAD”.“Something” est le seul 45-tours des Beatles signé George Harrison et il est temps, puisque “Abbey Road” est aussi le dernier album enregistré par les Fab Four. C’est également une grande réussite commerciale, “Something” étant la chanson la plus diffusée dans le monde au cours de l’année 1971.
Avec la fin des Beatles, chacun s’engage dans une carrière solo, carrière que pour sa part George Harrison a déjà bien entamée.En novembre 1968, à Bombay, en Inde, il enregistre “WONDERWALL MUSIC”, la bande originale de “Wonderwall”, un film de Joe Mussot. C’est le premier album qui sort sur le tout nouveau label Apple. En mai 69, il réalise “ELECTRONIC SOUND”, un travail expérimental qui paraît sur un label tout aussi expérimental, Zapple. Mais le premier véritable album solo de George date de novembre 70 : c’est le triple “ALL THINGS MUST PASS”. Co-produit par Phil Spector, avec la participation de Dave Mason, Billy Preston et Eric Clapton, “All things must pass” est un best-seller instantané. On y dénombre au moins trois tubes : “What is life”, “Isn’t it a pity”, et surtout “My sweet Lord” qui est N°1 aux Etats-Unis en décembre 1970, avant de connaître le même succès en Angleterre un mois plus tard.
Premier N°1 pour un ex-Beatle en solo, “My sweet Lord” vaut à George Harrison de nombreux déboires. On l’accuse en effet d’avoir plagié un titre enregistré en 1963 par les Chiffons, “He’s so fine”. Ce n’est qu’après un procès dont les multiples rebondissements vont s’étaler sur plus de dix ans qu’il sera définitivement blanchi. Le 1er août 1971, à la demande de Ravi Shankar, George Harrison accepte d’organiser au Madison Square Garden de New York deux concerts de charité pour venir en aide aux victimes de la famine qui sévit alors au Bangladesh.George parvient à obtenir les participations prestigieuses de Ringo Starr, Billy Preston, Leon Russell et surtout, il réussit à décider Eric Clapton et Bob Dylan qu’on n'a pas vus sur scène depuis un bon moment. Ces deux concerts donnent naissance à un film et à un triple album, “THE CONCERT FOR BANGLA DESH”, qui paraît le 16 décembre 1971.L’opération est un succès commercial et musical, mais du point de vue humanitaire, c'est un échec. Les concerts, le film et le disque ont réuni des sommes considérables (on parle de plus de 15 millions de dollars), mais seule une petite partie atteindra sa destination première, le reste se perdant en cours de route, mais certainement pas pour tout le monde.
En 1972, le triple album “The concert for Bangla Desh” obtient le Grammy du "meilleur album de l’année".Après avoir participé au film “Raga” de Ravi Shankar, George Harrison achève son deuxième album solo en mai 1973, “LIVING IN THE MATERIAL WORLD”, où l’on remarque la présence de Ringo Starr. Malgré l’énorme succès du 45-tours “Give me love (give me peace on earth)” qui est N°1 aux Etats-Unis, l’album est décrié par la critique qui lui reproche un manque évident d’inspiration. En tout cas, George ne fait aucune concession ; sa musique reste délibérément hors modes.
"Oui, c'est vrai, c'est exact. Les modes, elles vont, elles viennent. Les Beatles en ont créé plusieurs, que ce soit pour l'habillement, pour le look, ou pour les sons qui font maintenant partie de notre musique. Mais en même temps, je veux rester comme je suis, et faire ce qui me correspond. Je ne veux pas faire de la musique à la mode pour qu'elle corresponde au goût du jour. Je préfère qu'elle soit suffisamment bonne pour plaire aujourd'hui et rester attractive l'année prochaine."
En novembre 1973, George Harrison participe à “RINGO”, le troisième album solo du batteur des Beatles, où il co-signe “Photograph”, qui est n°1 aux Etats-Unis. Puis il crée son propre label, Dark Horse Records, sur lequel il signe Henry McCullough, le groupe Splinter et son vieil ami Ravi Shankar.En octobre 74, il se sépare de Patti Boyd qu’il avait épousée le 21 janvier 66. Il entame alors une tournée nord-américaine de 50 dates qui se solde par un échec : non seulement George est en butte à des problèmes de voix , mais toutes ses prestations pâtissent d'une sonorisation épouvantable. Cette expérience lui laisse un si mauvais souvenir qu’il mettra dix-sept ans avant de remonter sur scène ! Et comme il l'avoue lui-même, George n'est pas à proprement parler un chanteur.
"Je suis chanteur par nécessité. J'écris des chansons, je chante et je joue de la guitare, mais très modestement. Je ne me considère pas vraiment comme un chanteur. Je me considère comme quelqu'un qui écrit des chansons et qui les enregistre en essayant que ça tienne debout. Et quand c'est terminé, on mixe : et là, c'est bon. Mais si on prend uniquement le chant, la guitare, la batterie ou un autre élément, c'est moins évident. En fait, on ne peut pas dire que je sois un grand chanteur ou un bon instrumentiste."
L'album “DARK HORSE” paraît le 6 décembre 74, toujours avec Ringo à la batterie. On y trouve une version remaniée de “Bye bye love” des Everly Brothers : c’est un dernier adieu à Patti Boyd qui, quelque temps après leur divorce, est devenue la compagne d’Eric Clapton. Mais ce nouveau travail ne parvient pas à redorer le blason terni de George Harrison. Le single "Ding Dong Ding Dong" est N°38 en Angleterre, N°36 aux Etats-Unis.
C'est en septembre 1975 que George Harrison produit l'album “EXTRA TEXTURE (Read all about it)”. Le titre “You” grimpe jusqu’à la vingtième place dans les hits-parades, suivi par “This guitar (can’t keep from crying)”, un remake évident de ce qu’il avait déjà fait en 1968 avec les Beatles sur le "Double Blanc", c’est-à-dire un clone inutile de “While my guitar gently weeps”.On pourrait croire qu'il a alors du mal à se défaire de son image d'ancien Beatle.
Je ne pense pas à ce statut d’ancien Beatle. Sauf lorsqu’on me pose des questions à ce sujet ou qu'on vient m'interviewer pour la télévision ou ce genre de choses. Le reste du temps, je suis simplement moi-même. Je ne pense pas constamment aux Beatles."
En janvier 1976, George Harrison, qui était toujours sous contrat avec Apple, se signe sur son propre label, Dark Horse Records.
George Harrison retourne en studio au cours de l’été 76, mais une hépatite virale l’immobilise pendant deux mois et repousse d'autant la réalisation de son nouvel album, le septième de sa carrière solo. Finalement, “THIRTY-THREE AND A THIRD” (“trente-trois et un tiers”) paraît en novembre 76. “Thirty-three and a third” fait à la fois référence à la vitesse de rotation du disque et à l’âge de George au moment de sa sortie, 33 ans et quatre mois. “This song” raconte ses démêlés avec la justice et le juge Owen dans l’affaire “He’s so fine” / “My sweet Lord”. Au même moment, Apple fait paraître “THE BEST OF GEORGE HARRISON”, une compilation de treize titres : sept de la période “Beatles” et six provenant de sa carrière solo.
George Harrison a publié son septième album solo, "Thirty-three and a third" en novembre 1976. En mars 78, on peut le voir interpréter un petit rôle dans une parodie des Beatles, “All you need is cash”, réalisée par Eric Idle, un ancien des Monty Python. Le 2 septembre, George épouse Olivia Arias ; ils ont un fils, Dhani, qui est né un mois plutôt, le 1er août. En février 79, il revient à la musique avec un nouvel album qui porte simplement son nom, “GEORGE HARRISON”. On en extrait le 45-tours “Blow away” qui entre dans le Top Twenty, un titre encadré par ce son de guitare qui est devenu la signature de George.
"Je joue de la slide guitar, mais je joue aussi avec mes doigts sur certains titres. Mais je joue de la slide guitar depuis la fin des années 60 et c'est devenu une signature que beaucoup considèrent comme mon style. Ce n'est pas moi qui le dit, mais beaucoup de gens. La slide guitar a un son particulier et je pense que cette sonorité de guitare, beaucoup m'identifient à elle.".George Harrison participe au financement du film des Monty Python, “La vie de Brian”, qui sort en septembre 79. C’est une expérience qu’il renouvellera deux ans plus tard avec “Time bandits”, écrit et réalisé par Terry Gilliam avec la même équipe. Associé à l'homme d'affaires américain Dennis O'Brien, George a d’ailleurs monté une maison de production : "Handmade Films".
En août 1980, George Harrison publie son autobiographie, “I, me, mine”, reprenant le titre d'une de ses compositions qui figure sur l’album “Let it be”. Sur le plan musical, il obtient un gros succès avec une chanson écrite à la mémoire de John Lennon, “All those years ago”, qui est N°2 aux Etats-Unis en mai 1981. Ce titre a été enregistré avec Ringo Starr, Paul et Linda McCartney, et on le retrouve sur le nouvel album de George Harrison, “SOMEWHERE IN ENGLAND”, qui sort au même moment.
Après l'album “GONE TROPPO” et le single "Wake up my love", fin 1982, George Harrison partage son temps entre loisirs et vie familiale, une vie tout à fait différente de celle qu'il avait connue avec les Beatles.
"A l'époque des Beatles, il se passait beaucoup de choses. Partout où on allait, il y a avait du monde. On n'était jamais tranquilles et on faisait vraiment beaucoup de choses. Quand j'y repense, il nous arrivait de publier trois singles, deux albums, de tourner en Amérique, à Hong Kong, en Europe et en Angleterre, tout cela en une seule année. Aujourd'hui, rien que pour enregistrer un disque et faire sa promotion, j'ai l'impression que ça prend une année. Les Beatles n'arrêtaient pas, mais on était jeunes à l'époque."
George vit tranquillement avec sa seconde femme, Olivia, et il a le temps de donner libre cours à ses trois passions en dehors de la musique : le jardinage, la course automobile et la production cinématographique. Dans ce domaine, il connaît une certaine réussite avec “Mona Lisa”, “Withnail and I” et “The missionary”. Et d’un autre côté, il semble s’être remis sans trop de problèmes du cuisant échec de “Shanghai surprise” avec Madonna et Sean Penn.Après trois années de silence, George Harrison renoue avec la musique en 1985. En mars, il interprète une chanson de Bob Dylan, “I don’t want to do it”, sur la bande originale du film "Porky's Revenge". En juin, on le retrouve sur une autre bande originale, celle du film “Water”, où il chante une de ses compositions, un inédit intitulé “Focus of attention”. Mais il faudra attendre encore deux années avant que l'ex-Beatle ne revienne avec un nouvel album.
En novembre 1987, “CLOUD NINE” s’impose comme une grande réussite dès sa parution. Et presque naturellement, George Harrison se retrouve N°1 des hits-parades américains avec “Got my mind set on you”, la reprise d'un titre créé par James Ray en 1962.
"C'est une chanson que nous avions enregistrée en vue de l'album et qui rendait bien. C'est un vieux titre que j'avais en tête depuis de nombreuses années et la façon dont on l'a arrangé lui a donné un son très actuel. C'est un bon vieux rock 'n' roll et on l'a gardé. La maison de disques, ou plutôt le département promotion, a écouté l'album et ils l'ont choisi pour être le premier single."
Ringo est toujours là, fidèle au poste, entouré d’amis comme Ray Cooper, Elton John, Jim Keltner, Gary Wright et Eric Clapton. Ensemble, ils ont réalisé un album attrayant de simplicité et de qualité. D’inspiration plus "Beatles" que jamais, parce qu’il a parfaitement assimilé la quintessence de toute une époque, George Harrison évoque avec humour un passé plein de souvenirs forts, à mille lieues de toute nostalgie larmoyante.
"Cloud Nine", qui marque le deuxième sommet de la carrière solo de George Harrison, doit une part de sa réussite à son producteur.
"L'album a été produit par Jeff Lynne, que l'on connaît à travers l'Electric Light Orchestra. J'aimais ELO et Jeff Lynne aimait beaucoup les Beatles, mais quand j'ai envisagé de travailler avec lui, je ne le connaissais pas. Je ne l'avais encore jamais rencontré. Je me suis arrangé pour qu'on prenne contact ; on a mangé ensemble et on a parlé de tas de choses. J'ai appris à le connaître peu à peu ; ça a duré un an et puis je lui ai dit : 'J'ai l'intention d'enregistrer un album, est-ce que ça t'intéresserait de m'aider ?' Et il m'a dit : 'Bien sûr, j'aimerais te donner un coup de main.'"
George Harrison choisit alors de s’investir dans les Traveling Wilburys, un projet qu'il partage avec Jeff Lynne et trois autres musiciens.Les TRAVELING WILBURYS ressuscitent avec bonheur le concept un peu oublié du supergroupe qui se présente ici sous la forme d’une famille où George Harrison est Nelson Wilbury ; Bob Dylan, Lucky ; Jeff Lynne, Otis ; Tom Petty, Charlie T. Jnr ; et le regretté Roy Orbison, Lefty. Le “VOLUME 1” de leur aventures paraît en octobre 88 et le titre “Handle with care” se classe dans le Top 5 aux Etats-Unis.
En octobre 1989, la compilation “BEST OF DARK HORSE 1976 - 1989” propose deux inédits, “Poor little girl” et “Cockamamie business”, ainsi qu’un titre que George Harrison a écrit pour la bande originale du film “L”arme fatale 2”, “Cheer down”.A ce moment de sa carrière, George garde la même réserve légendaire lorsqu'on l'interroge sur son propre répertoire, lorsqu'on lui demande quelle est sa composition préférée.
"Je ne sais pas. J'ai écrit des chansons que personne ne connaît parce qu'elles ne sont pas commerciales, des titres comme Save the world. J'ai aussi écrit une belle chanson qui s'appelle Life itself, sur l'album Somewhere in England. Je l'aime beaucoup. Il y en a quelques-unes comme ça que j'aime bien."
George Harrison retrouve les Traveling Wilburys pour un deuxième album intitulé bizarrement “VOLUME 3” et qui paraît fin 1990. En novembre 1991, il est au Bray Studio de Windsor, en Angleterre, avec Eric Clapton et son groupe : c’est là qu’il a choisi de préparer son grand retour sur scène, une scène où il n'est plus remonté depuis sa tournée malheureuse de 1974.Pas très sûr de lui, mais encouragé par Clapton, George Harrison choisit de roder son show au Japon, dans un souci de discrétion. Et si tout se passe bien, il pourra se produire ensuite aux Etats-Unis et en Europe, devant un public qu'il avoue mal connaître.
"Je n'ai aucune idée de mon public. Je sais que parmi ceux qui achetaient les disques des Beatles et mes albums solo dans les années 70, il y en aura certainement qui achèteront mon nouvel album, mais je crois que mon public est constitué de tous ceux qui aiment mes disques. Je ne sais pas quel genre de personnes ils sont, mais je pense que tous ceux qui aiment ce que je fais maintenant constituent mon public."
Au début du mois de décembre 91, Harrison et Clapton donnent une douzaine de shows à Osaka et Tokyo, largement couverts par la presse mondiale. Car, lorsqu’on est un ex-Beatle, rien de ce que l’on fait ne peut passer inaperçu. Mais la tournée ne va pas plus loin, si l'on excepte un concert de charité au Royal Albert Hall de Londres le 6 avril 92. Et les fans européens et américains se consolent avec le double CD “LIVE IN JAPAN” qui paraît en juillet 1992. A la fin de l'année, George Harrison est honoré par le magazine américain Billboard qui lui décerne son premier "Century Award".
A ce moment, l'actualité de George Harrison rejoint celle des Beatles ; d'abord à l'occasion de la sortie du double CD "LIVE AT THE BBC", qui propose 56 titres provenant des archives de la radio nationale anglaise. Malgré un intérêt plutôt archéologique qui semble le réserver aux fans purs et durs, c'est un succès populaire phénoménal. Dès lors, la petite phrase que George avait prononcée en 89, "les Beatles ne se reformeront pas tant que John sera mort", pourrait être remise en question, mais il se montre plutôt sceptique.
"Je ne sais pas. Ça aurait peut-être pu se faire en fonction de l'humeur de chacun. Mais il ne faut pas oublier les raisons pour lesquelles les Beatles se sont séparés et certaines des raisons qui ont entraîné l'éclatement du groupe existent toujours. Tu vois ce que je veux dire."
On connait la suite : la parution, à partir du 21 novembre 95 de la série de trois doubles CD's "THE BEATLES ANTHOLOGY" ; la reparution, trente ans après, de "YELLOW SUBMARINE" à l'automne 99, et enfin "The Beatles Anthology", le livre, une année plus tard, suivi de l'album "ONE" qui réunit leurs vingt-sept N°1 anglais et américains.
Atteint d'un cancer de la gorge provoqué par la cigarette, George Harrison parvient à enrayer la maladie après avoir suivi un traitement par irradiation en 1998. Toujours discret, George vit depuis une vingtaine d'années avec son épouse Olivia et leur fils Dhani à Friar Park, un luxueux manoir de 120 pièces à Henley-on-Thames, une localité située à 40 kilomètres à l'ouest de Londres. C'est dans cette propriété, tellement bien protégée que les voisins l'ont surnommée Fort Knox, que George et Olivia se sont pourtant fait agresser, en décembre 99. L'histoire s'est bien terminée, mais George a tout de même été hospitalisé après avoir reçu plusieurs coups de couteau. Comme n'a pas manqué de le souligner la presse, cet attentat intervenait 19 ans après celui qui avait coûté la vie à John Lennon."ALL THINGS MUST PAST", le triple album mythique sorti le 27 novembre 1970, reparaît en octobre 2000 sous la forme d'un double CD (ou d'un double vinyle). Pour cette édition du trentième anniversaire, tous les titres ont été remasterisés en respectant toutefois l'esprit de la production originelle, signée par le légendaire Phil Spector.
En mai 2001, George Harrison est opéré d'une tumeur au poumon. Le 29 novembre, on apprend qu'il a définitivement perdu son combat contre le cancer. Il décède à l'âge de 58 ans.A l'occasion du premier anniversaire de sa disparition, ses amis lui rendent hommage en organisant un concert au Royal Albert Hall de Londres. Ils ont tous répondu présent : Eric Clapton, Paul McCartney, Ringo Starr, Jeff Lynne, Tom Petty et Billy Preston. Cette soirée est immortalisée sur un double DVD, "CONCERT FOR GEORGE", qui sortira en novembre 2003.Parallèlement au concert, on publie "BRAINWASHED", un album posthume et inachevé de George Harrison qui a été complété et coproduit par son fils Dhani et par Jeff Lynne.
En février 2004, George Harrison reçoit à titre posthume le onzième Grammy Award de sa carrière. Il l'obtient dans la catégorie "meilleur instrumental pop" pour le titre "Marwa Blues", un extrait de l'album "Brainwashed".Mais ce mois de février est surtout marqué par la sortie du coffret "THE DARK HORSE YEARS 1976 – 1992". On y trouve les six albums que George Harrison a publiés sur son label pendant cette période, c'est-à-dire "THIRTY-THREE AND A THIRD", "GEORGE HARRISON", "SOMEWHERE IN ENGLAND", "GONE TROPPO", "CLOUD NINE" et le "LIVE IN JAPAN" de 1992.Le coffret contient de plus un DVD qui regroupe des clips et des films de promotion, des annotations de David Fricke, le journaliste de Rolling Stone, et une histoire du label Dark Horse par Olivia Harrison.Le 15 mars prochain, George Harrison fera son entrée officielle au Rock 'n' Roll Hall of Fame à titre personnel, car il en fait déjà partie depuis 1988 en tant que membre des Beatles.Pour terminer cette Saga, voici George Harrison lors de sa dernière séance en studio : c'était pour l'album de Jools Holland, "SMALL WORLD, BIG BAND", sur le titre "Horse to the water", qu'il avait cosigné avec son fils Dhani.

1 commentaires:

Anonymous said...

Pour info, il existe un groupe de discussion en France sur Jeff Lynne ici:

http://fr.groups.yahoo.com/group/elodiscovery/

Nicolas